Forêt de Fontainebleau : Fanatic Climbing mobilise les sportifs après les incendies
D'après les chiffres de l'ONF, près de 10 % de la forêt de Fontainebleau reste fermé malgré un feu déclaré éteint depuis plusieurs semaines. Voilà ce qui reste d'un été où près de 2000 hectares sont partis en fumée entre les Trois Pignons et la Faisanderie.

C'est dans ce contexte que l'association Fanatic Climbing donne rendez-vous les 26 et 27 septembre pour relancer l'action collective en forêt — un calendrier qui n'a rien d'anodin pour nous autres, traileurs et triathlètes cross qui faisons nos boucles sur ces mêmes chemins.
Un massif qui ne tient plus que par ses racines
Le 12 juillet 2026, un premier incendie démarre dans le massif des Trois Pignons. Le lendemain, un second foyer s'allume dans la Faisanderie. Les autorités ferment l'ensemble du massif, une interdiction qui sera prolongée jusqu'au 22 août.
Le feu est éteint, mais le sol a continué à brûler plusieurs jours sous la chaleur. Le sable des Trois Pignons, c'est un piège: il isole, il garde la chaleur, il laisse le feu travailler en profondeur. Résultat, des centaines d'arbres aux racines détruites qui, de loin, paraissent intacts — tronc noirci, cime encore verte, et plus rien en dessous. L'ONF le constate sans détour: les arbres sont comme posés sur le sol. Plus de 90 % des sujets dépérissants dans les zones les plus touchées sont condamnés. Et avec les tempêtes d'automne qui s'enchaînent, le risque de chute devient permanent.
Les forestiers inspectent maintenant mètre par mètre, sur 20 à 30 mètres de part et d'autre des chemins, pour décider arbre par arbre ce qu'on coupe et ce qu'on garde. Du travail de fourmi pour des renforts venus de toute l'Île-de-France. En attendant, on reste sur le bord — et ce n'est pas un choix.
Fanatic Climbing remet les gants
Plutôt que d'attendre que ça se tasse, l'association Fanatic Climbing lance deux actions coup sur coup. Le samedi 26 septembre, de 20h à 22h, salle Karma à Fontainebleau, réunion ouverte à tous les grimpeurs et usagers du massif. L'idée: poser les choses à plat, faire collectif, puis porter une voix commune auprès de l'ONF, des élus et des autres pratiquants. Premier rendez-vous d'une série mensuelle, à surveiller.
Le dimanche 27 septembre, ça se passe les mains dans la terre. Rendez-vous à 10h au parking d'Isatis pour une journée nettoyage: déblaiement des blocs, ramassage des ordures — et il y en a, les pluies de septembre ont fait remonter tout ce qui était enfoui depuis des années. L'occasion aussi de rappeler les réflexes à avoir après un incendie. La journée se conclut par l'AG de l'association, sur place, vers 17h.
Ce qu'on en tire, côté chrono
Pour nous, le calendrier n'est pas anodin. C'est maintenant qu'on prépare la saison cross-triathlon, qu'on cherche des boucles propres pour le VTT, qu'on repère les singles pour les sorties trail longues. Tant que les Trois Pignons et la Faisanderie restent partiellement fermés, il faut composer: rester sur les zones ouvertes, éviter les secteurs en cours d'expertise, garder en tête qu'un arbre fragilisé ne tient pas une rafale.
La journée du 27, c'est aussi une façon de récupérer du terrain — pas seulement symboliquement. Moins de déchets, des blocs nettoyés, des sentiers piétinés par des volontaires qui montrent que le massif a encore des usagers soucieux de le garder vivant. Grimpeur, traileur ou vététiste: le geste est le même, on entretient ce qui nous porte.
À surveiller cet automne: l'avancée des diagnostics ONF, la liste des secteurs rouverts au fur et à mesure, et la prochaine rencontre mensuelle des associations grimpantes. Pour l'instant, le massif respire avec des béquilles — à nous de ne pas mettre les pieds là où ça lâche.